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lundi 18 janvier 2016

Cyberattaque SCADA Ukraine : attribution, piège à ... ?

L'actualité cyber depuis la période des fêtes de Noël 2015 est principalement marquée par une cyberattaque coordonnée qui se serait produite sur de multiples sites distribuant l'électricité en Ukraine. Avec pour conséquence de ne plus pouvoir fournir de l'électricité à quelques milliers de civils et durant plusieurs heures. En dépit de nombreux articles parus ces derniers jours, beaucoup qualifiant d'ailleurs la cyberattaque comme étant d'origine russe, il parait nécessaire, une fois encore, de raison garder et de faire preuve de la plus grande prudence quant à la réalité et, bien sûr, l'origine de cette possible cyberattaque.

dimanche 12 avril 2015

Cyberattaque TV5 Monde : premiers enseignements et recommandations

A la différence de l'affaire Sony en décembre 2014 [1] pour laquelle j'avais attendu que la poussière retombe, difficile cette fois-ci de se retenir tant l'emballement médiatique, les (sur)interventions ministérielles et l'aspect "brèves de comptoir" de certains "experts" aura consterné quelques uns d'entre vous/nous dont les camarades d'EchoRadar [2].

samedi 10 mai 2014

Détection avancée des cyberattaques, nouvel Eldorado de la cyberdéfense ?

Le débat cherchant à trancher qui de l'attaque ou de la défense aurait l'avantage dans le domaine cyber n'est ni récent ni nouveau (1). De nombreux outils quittent actuellement l'étape de la recherche et des laboratoires pour tenter de se faire une place sur le lucratif (2) marché de la cybersécurité. Parmi eux, certains promettent d'améliorer significativement le niveau de cyberdéfense par la détection avancée de cyberattaques potentielles. Focus sur une avancée qui pourrait apporter plusieurs bouleversements majeurs.

dimanche 6 janvier 2013

Le programme "Perfect Citizen" de la NSA

En juillet 2010 le Wall Street Journal révélait l’existence d’un programme de surveillance de la NSA appelé “Perfect Citizen” (citoyen parfait). Constitué par un système étendu de sondes disposées sur les réseaux informatiques opérant des infrastructures critiques, ce dispositif a commen à être déployé sur les infrastructures de transport et de production d’énergie (centrales nucléaires). Son rôle : repérer toute activité inhabituelle pouvant suggérer une cyberattaque imminente.

mardi 25 décembre 2012

Cinétique et non-cinétique : ce que sera (peut-être) la cyberguerre

Coordonnant le dossier thématique "électromagnétisme" de l'Alliance géostratégique, j'ai commis un article intitulé "Cinétique et non-cinétique : ce que sera (peut-être) la cyberguerre". Commis car il s'agit d'une courte nouvelle qui se base sur un scénario fictif mais résolument réaliste. 2022 : quelle serait la réaction des États-Unis face à une attaque (réussie) sur l'une de ses infrastructures vitales entraînant des conséquences majeures ?

Comme je l'ai écrit, "gageons que si celle-ci serait sans doute violente et rapide, elle pourrait combiner des effets cinétiques classiques mais aussi des effets non-cinétiques. L’emploi de la palette complète irait des moyens de guerre électronique, en passant par des cyberattaques et jusqu’à l’utilisation d’armes électromagnétiques". La suite est à lire sur le site d'AGS. Et Joyeux Noël à tous !

dimanche 9 décembre 2012

DSD Australien : le Top 35 des mesures d'atténuation des cyber-risques

Le Defence Signals Directorate (DSD) est à l'Australie ce que la NSA est aux États-Unis. Toutes proportions gardées et même si les liens fraternels voire consanguins ne sont pas dissimulés (1). Le DSD coordonne et mène l'ensemble des actions en lien avec les opérations de cyberdéfense, que ce soit l'évaluation de la menace comme la lutte contre les cyberattaques. C'est dans ce cadre qu'il a récemment mis à jour son excellent et didactique guide de 35 recommandations dont la première édition datait de février 2010 (2).

mardi 6 novembre 2012

Hyper-vitesse, sécurité adaptative et kernel dynamique: les nouvelles pistes technologiques en matière de cyberdéfense

Relayé en mai 2012 par Daniel Ventre sur 01Net.com, un article de Thomas Rid paru dans la revue américaine Foreign Policy examine quelques idées reçues mais aussi certaines contre-vérités ayant trait à une hypothétique cyberguerre. Parmi celles-ci, l'auteur remet en cause le principe qui voudrait que, tout comme dans les autres domaines, dans le cyberespace l'attaque a l'avantage sur la défense.

Depuis des lustres, cette hypothèse est soumise à d’innombrables discussions, études et analyses, la plupart fort savantes avec des implications d'ordre stratégique. Cependant, même la vérité du terrain ne permet pas de trancher de manière certaine. Afin d’apporter un éclairage supplémentaire mais sans être exhaustif, cet article présente certains travaux actuels de recherche, des technologies émergentes à celles en cours de déploiement. Ces travaux visent à assurer une cyberdéfense efficace et à même de déjouer les formes de cyberattaques les plus communes, les actuelles, mais aussi celles qui restent à venir.

La suite est à lire sur l'archive de l'Alliance géostratégique.

lundi 22 octobre 2012

Cyberdéfense vs cyberattaques : les systèmes transportables de simulation

Durant le mois d'août a eu lieu un exercice commun entre militaires, gouvernements et organisations non-gouvernementales (ONG) de 22 pays (1) de la zone Pacifique.  Réunis sur la base navale de Shangi à Singapour, l'exercice Pacific Endeavor 2012 avait pour objet de vérifier la rapidité et l'efficacité de la communication entre les différents acteurs face à un désastre humanitaire. Et qui dit communication dit Systèmes d'Information.

jeudi 6 septembre 2012

Equipements réseaux en environnement industriel critique : le cas GarretCom

Ce n'est pas le premier et ce ne sera pas le dernier. GarretCom est une société californienne qui produit des routeurs et des commutateurs spécialement développés pour opérer en environnement industriel et critique. Un chercheur en sécurité indépendant a découvert la présence d'un compte "usine" par défaut associé à un mot de passe en dur (1). L'utilisation malveillante de ce compte pourrait permettre une escalade des privilèges jusqu'au niveau administrateur ! Une compromission de ce type aurait donc des impacts potentiels en termes de disponibilité, d'intégrité et de confidentialité.

lundi 27 août 2012

Confirmation de cyberattaques U.S. en Afghanistan

C'est à l'occasion d'une conférence militaire à Baltimore le 15 août 2012, que le Général Richard P. Mills du corps des Marines, a expliqué que des cyber-opérations avaient été menées "contre l'adversaire avec un grand impact" durant son commandement en Afghanistan en 2010 et 2011. Il a ainsi expliqué qu'il avait pu utiliser les capacités cyber à sa disposition afin de pénétrer les réseaux de ses adversaires, infecter leur centre de commandement et contrôle (C2) mais aussi de se défendre contre leurs "constantes incursions pour rentrer dans les câbles (comprendre les réseaux) afin d'affecter [leurs] opérations".

vendredi 22 juin 2012

Inspections de cybersécurité et incidents mineurs dans des centrales nucléaires aux USA

J'ai écrit, au début de l'année, un article consacré à une série d'incidents touchant des centrales nucléaires américaines via des Systèmes d'Information (SI) ou, cas le pire, une seul et unique machine de pilotage, souvent "oubliée", de type SCADA ou DCS.

Cet article montrait que, même sans intention malveillante, des dysfonctionnements et surtout de simples erreurs pouvaient causer des incidents de gravité sérieuse. Qui, sans dispositifs opérants de sûreté voire une certaine part de chance, auraient pu devenir catastrophiques

vendredi 8 juin 2012

Barack, François, Jean-Marc, le cyber et...nous !

La blogosphère et, sans doute, nombre d'organismes d’État et de cellules d’État-major sur l'ensemble du globe, bruissent, transpirent et analysent la menace Flame ainsi que les "révélations" (forcément un peu téléguidées quand même) quant à un programme baptisé "Jeux Olympiques" autorisé et supervisé par le président Obama. Ce programme est donné comme celui du développement et de l'emploi de moyens non-cinétiques en vue d'espionnage, de sabotage et de destruction. Ce blog y reviendra calmement lorsque le soufflé sera retombé.

lundi 21 mai 2012

ANZUS 2.0 : la cybersécurité au coeur de la relation USA/Australie

En septembre 2011, alors que se fêtait le 60ème anniversaire de la signature du traité de défense de l'ANZUS, l'Australie et les États-Unis annonçaient que leur alliance s'étendait dorénavant au cyberespace. Illustrant l'analyse que j'avais publiée plusieurs mois auparavant, les deux nations exprimaient une convergence en cas de cyberattaque. Dans ce cas, des consultations auraient lieu en vue de déterminer les options appropriées pour répondre à tout acte de cette nature.

C'est pour réfléchir à cet accord novateur et plutôt privilégié(1), en vue de le préciser voire de l'interroger, que l'Australian Strategic Policy Institute (ASPI), un think-tank australien fondé en 2000 et spécialisé sur les problématiques de défense et de sécurité, a d'abord organisé le 9 décembre 2011 à Washington une conférence. A l'issue de ces échanges d'experts australiens et américains tant scientifiques, qu'académiques et de la défense, certaines des analyses les plus pertinentes ont été réunis sous la forme d'un rapport spécial très intéressant.

jeudi 17 mai 2012

La cyberdéfense française doit-elle être réservée aux (seuls) militaires ?

Cette réflexion à deux voix (Clarisse et Si vis pacem) répond aux propositions du Colonel Chauvancy dans son billet intitulé “De la cyberdéfense technicienne à la cyberdéfense stratégique”, auquel Si vis pacem avait apporté un commentaire, peu convaincu par certaines idées. De fil en aiguille, Clarisse a rejoint la discussion, puis le besoin de formaliser s’est fait sentir, de soumettre publiquement des contre-propositions et certaines pistes à explorer.

De notre point de vue et plus que jamais, il s’avère qu’il faille sans délai affermir la réflexion stratégique de la France dans le cyberespace vis-à-vis des enjeux, de sa propre organisation et de ses collaborations. La suite est à lire sur l'Alliance Géostratégique !

jeudi 5 avril 2012

L'U.S. CYBERCOM arme les premiers Commandements Combattants

Sans être capitale, l'information n'en est pas moins d'importance : les capacités cybernétiques offensives américaines ne sont désormais plus du seul ressort de la NSA. C'est en tout cas ce qu'il ressort d'une audition au Congrès du commandant de l'U.S. Cyber Command (CYBERCOM) et de...la NSA, le Général Alexander.

Au travers de 6 CSEs (Cyber Support Elements - Éléments de Support Cyber) correspondant aux 6 "Commandements Géographiques Combattants", le CYBERCOM s'engage à fournir l'expertise et les capacités techniques en termes de ressources et de moyens cyber-offensifs. Part d'un effort plus vaste engagé déjà depuis des mois tant au militaire que fédéral et civil, l'intégration de ces capacités non-cinétiques seront mis à disposition de chacun des 6 commandements qui pourront les articuler avec les capacités cinétiques dont ils disposent déjà.

L'U.S. Central Command (CENTCOM - Moyen Orient, Asie Centrale) est le premier commandement à déjà disposer de ses pleines capacités "CSEs" opérationnelles tandis que l'U.S. Pacific Command (PACOM) ne dispose que d'un "CSEs" partiel mais qui sera bientôt complètement opérationnel. Les CSEs de l'U.S. Africa Command et de l'U.S. Southern Command devraient pleinement l'être au 4ème trimestre 2012. 

A la différence d'autres commandements qui doivent se coordonner avec le CYBERCOM, la structure opérationnelle dévoilée diffère amplement en fournissant des capacités nouvelles et immédiatement mobilisables par chaque commandant. De quoi gagner un temps précieux autant en termes d'actions que de réactions. Il faut également comprendre qu'à travers ce mouvement, un basculement quasi-historique s'opère entre la NSA et le CYBERCOM. La NSA est avant tout une agence de renseignement et n'a pas vocation à être une unité combattante. D'où un début de transfert d'outils et de capacités dans les Commandements et un rôle de plus en plus accru du CYBERCOM au sein du DoD.

Enfin, parmi les éléments significatifs fournis par le Général Alexander, soulignons la focalisation sur le concept de dissuasion perçu à travers l'amélioration des capacités d'attaque. Les nouvelles capacités offensives mises en œuvre au profit d'unités militaires sont vues comme des "composants clé de la dissuasion" dans le cyberespace sur lesquels peut s'appuyer le Président des États-Unis. L'occasion d'aller relire l'article sur ce thème de la dissuasion de Cidris et SD, membres alliés de l'Alliance Géostratégique

Source : http://www.defensenews.com/article/20120321/DEFREG02/303210007/CYBERCOM-Arming-U-S-Combatant-Commands?odyssey=tab|topnews|text|FRONTPAGE

lundi 30 janvier 2012

De François Perrin à Stuxnet, les centrales nucléaires (cyber) vulnérables

Lunaire et maladroit compulsif, “Le Grand Blond” (and Co) nous a souvent fait rire et sourire, attendris par cette candeur désarmante et ce comique de situation, souvent désopilant. Transposons maintenant ce personnage dans la réalité, en plein cœur de situations ubuesques mais aux conséquences potentiellement catastrophiques ! Nul besoin de cyberarmes complexes quand de simples “cyber-gags” provoquent des conséquences que ne renieraient pas certains mouvements extrémistes ou terroristes.

Centrale Nucléaire de Hatch, près de Baxley, Etat de Géorgie, USA.
Lorsqu’il débute son service ce 7 mars 2008, l’un des ingénieurs de la Southwest Company ne sait pas encore que l’une de ses tâches du jour, en apparence banale, va provoquer un incident grave sur le réacteur n°2. A l’origine, une simple mise à jour  sur l’un des ordinateurs opérant sur le réseau informatique de la centrale. Exception faite que cette ordinateur est tout de même particulier puisqu’il est l’une des interfaces SCADA de surveillance : il centralise des données servant à divers diagnostics et collecte les taux de différents composants chimiques du système primaire de contrôle du réacteur. La mise à jour logicielle est malgré tout importante puisqu’elle doit permettre la synchronisation des données entre différents systèmes de différents réseaux.

L’enquête de la NRC (Nuclear Regulatory Commission, l’équivalent américain de l’ASN) déterminera que le redémarrage de la machine après la mise à jour a aussi remis à zéro l’ensemble des données du système de contrôle. C’est lors de cette phase que les dispositifs de sécurité, interprétant correctement des données erronées, ont considéré qu’il y avait une fuite dans la “piscine”, cet énorme bassin d’eau permettant le refroidissement des barres du combustible nucléaire !

La conséquence logique fut que le système exécuta les instructions prévues pour un tel cas : le réacteur nucléaire fut immédiatement mis à l’arrêt d’urgence, arrêt qui dura 48 heures, le temps de comprendre l’origine de l’incident et d’autoriser un redémarrage sûr. La morale de cette histoire, cependant, serait que l’incident de Hatch illustre le type de conséquences inattendues qui peuvent se produire quand de l’informatique dite d’entreprise ou que des logiciels “pris sur étagère” (COTS) sont interfacés avec des systèmes de contrôle industriels, sans considérations de design ou d’intégration adéquates. Il faut aussi souligner que cet incident a peut-être été “chanceux” dans le sens où les dispositifs de sécurité ont fonctionné. A l’inverse, quel enchaînement de conséquences dramatiques auraient pu se produire dans le cas où ces mêmes dispositifs n’avaient pas exactement réagi comme prévu ?


Centrale Nucléaire de Brown Ferries, près d’Athens, Alabama, USA.
Ce qui demeure terriblement gênant avec l’incident de Hatch, c’est qu’il est loin d’être unique ! Un peu plus de 6 mois auparavant, un arrêt d’urgence (et manuel cette fois-ci !) se produisit sur le 3ème réacteur de la centrale de Brown Ferries. En cause, deux équipements cruciaux : le contrôleur du condensateur-déminéralisateur qui est un PLC (Programmable Logic Controler) et les pompes de recirculation qui reposent sur des VFD (Variable Frequency Drives).

Retenons simplement que ces deux équipements, essentiels au bon fonctionnement du réacteur, embarquent des micro-processeurs qui peuvent communiquer des données via de l’Ethernet (la couche liaison de données du modèle OSI). Là est le problème puisque les paquets de données sont broadcastés (diffusées) à tous les récepteurs connectés, sans distinction. C’est ensuite à chacun d’entre eux d’analyser chacun des paquets et de le conserver s’il lui est adressé.

Hors, il est apparu que le réseau de contrôle de la centrale produisait plus de trafic que ne pouvaient en absorber les contrôleurs PLC et VFD ! Il est également possible que ce soit le contrôleur PLC qui ait malfonctionné en inondant (flooding) le réseau d’un trafic colossal, saturant puis désactivant les contrôleurs VFD. Quoiqu’il en soit, les tests menés durant l’enquête n’ont pas apporté de réponses satisfaisantes permettant de comprendre l’origine exacte de l’incident. Ce qui en soi est inquiétant puisque cela pose le problème d’absence de reproductibilité du phénomène donc d’identification des causes ou de l’enchaînement des causes.

Entre specticisme et alarmisme, quelles leçons ?
Défauts d’intégration des problématiques de sécurité dès la conception, absence de tests de non-régression (et tests en plate-forme de pré-production) ou inconsciences diverses montrent qu’il n’est nul besoin de développer un programme offensif, long et coûteux, les fameuses cyberarmes, pour provoquer des incidents qui, chance aidant, ne sont jamais passés du stade “inquiétant mais sous contrôle” à celui de “catastrophe écologique majeure”. Fukushima Daïshi étant passé par là, il est normal d’envisager des scénarii de menaces exceptionnels qui ne sont pas qu’environnementaux (au “hasard”, un tremblement de terre  suivi d’un tsunami) ou d’une incroyable complexité malveillante (Stuxnet).

Entre le sceptique et l’alarmiste, il est une fois encore question de pondération mais aussi d’honnêteté intellectuelle : une centrale nucléaire serait protégée de toute tentative de cyberattaque parce qu’aucun ordinateur n’est relié à Internet ou que les systèmes sont particuliers, ce que l’on appelle dans le jargon “propriétaires” ? Incompétence ! Il suffit simplement de se rappeler les deux incidents précédemment cités* : l’interopérabilité dans la communication entre systèmes dans un cas, un défaut de conception dans l’autre ou même Stuxnet, qui a pu se propager à partir de simples clés USB préalablement préparées. A l’inverse, une cyberattaque peut-elle se produire demain, l’état des systèmes de contrôle étant d’une telle vulnérabilité qu’une attaque serait plutôt simple à conduire ?

En réalité, les spécialistes s’accordent à dire que l’interconnexion de systèmes assez différents, leur hétérogénéité et d’autres subtilités ne rendent pas impossible de tels scénarii mais qu’ils sont difficiles et complexes. Jusqu’à présent, le seul exemple valable, Stuxnet et ses déclinaisons (Duqu) est le fait d’un ou plusieurs États qui sont les seuls acteurs à posséder le savoir, les ressources, les moyens et les compétences et qui encouragent en réalité, ou plutôt en dépit des annonces, de nouvelles stratégies dans le cyberespace.

Doit-on s’en féliciter ou, au contraire, s’en effrayer ? Un peu des deux, sans doute, lorsque l’on essaye de mieux cerner la problématique plus globale des infrastructures critiques et des SCADA en particulier. Si un certain nombre d’Etats se sont emparés du sujet ces dernières années (USA, France, Europe), on peut constater que le volet législatif et réglementaire, plutôt bien fourni, a été finalement franchi pour arriver actuellement à une phase opérationnelle et d’améliorations continues (audits / pentests / …). Si tel n’est pas le cas, il est plus que temps d’agir.

* j’ai volontairement omis d’autres exemples basés sur des infections virales (Slammer, par exemple) ayant également conduit à des incidents significatifs. Douze années se sont depuis écoulées. Et pourtant...
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Pour aller plus loin (en anglais) :
Cyber incident blamed for nuclear power plant shutdown
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Cet article a également été publié sur le site de l'Alliance Géostratégique