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lundi 23 février 2015

Affirmation de la cyberpuissance USA et ruptures stratégiques

Si depuis juillet 2013 le tsunami de l'affaire Snowden (1) nous a habitué à des révélations régulières et parfois spectaculaires, la semaine qui vient de s'écouler marque un tournant ainsi qu'une rupture. Tournant parce que de "l'affaire délicate" Gemalto (2) à Equation Group (3), l'ampleur des moyens déployés pour espionner toutes les communications électroniques de la planète permet, à ceux qui en avaient encore, de ne plus se faire aucune illusion sur l'absolue nécessité de bien protéger les informations qui le méritent. Rupture technologique mais aussi stratégique et bien-sûr politique. Comme le relève avec acuité Eric Le Boucher dans les Échos (4), les États-Unis d'Amérique "hyperpuissance" sont devenus "cyberpuissance". Y affirmant leur hégémonie dans le cyberespace tandis que leur repli des affaires du monde "réel", annoncé depuis des années par Obama et en cours de réalisation, les place dans une position de plus en plus isolationniste.

mercredi 7 décembre 2011

Du virtuel à la réalité : le Cyber arsenal (2/2)

J'avais subrepticement évoqué, début novembre, le 1er colloque Cybersécurité organisé par la DARPA. L'agence américaine chargée de la R&D du Pentagone est le lieu privilégié pour assurer la cohérence entre le cyber, les armes cinétiques, les armes non-cinétiques et la combinaison de ces éléments.  Pour qui serait attentif à ce blog, je m'étais attelé à ce sujet complexe et sensible (donc avec peu d'informations disponibles) en janvier 2011 (la suite de cet article viendra, soyez en assuré ! :)

Lapalissade s'il en est, la directrice de la DARPA reconnaissait qu'il était temps d'envisager de nouvelles réponses techniques puisque rien ne changeait vraiment dans le cadre des développements logiciels tandis que les menaces, elles, s'adaptent, évoluent et ont pris une certaine avance en terme de sophistication. L'émergence et la dangerosité de Stuxnet, dont la finalité est bien de s'attaquer à un équipement physique, ont fait prendre conscience à de nombreux acteurs et observateurs que des ruptures technologiques sont devenues nécessaires afin de reprendre l'avantage. Ou du moins d'essayer.

Sans présager de la qualité des cyber-armes offensives déjà disponibles (Stuxnet-like ? Pire ?), il n'est pas besoin d'être grand clerc pour réunir des informations publiques mais disparates pour les croiser avec un certain embarras de responsables politiques (et militaires) des États-Unis lorsque l'on vient sur le terrain d'armes cybernétiques. Les USA sont probablement en train de se constituer un cyber-arsenal dont certains projets sont sûrement à un niveau de TRL plutôt avancé. 

L'accroissement du budget cyber de la DARPA pour l'année fiscale 2012 (+73%) et pour les 5 prochaines années est un gage du sérieux avec lequel cette enjeu est traité. Parions enfin que, d'ici quelques mois et années, des retombées industrielles et civiles  interviendront sûrement dans le domaine des TIC et qu'elles le devront aux programmes en cours au sein de la DARPA. Qui, l'Histoire repassant quand même parfois les plats, est à l'origine de la création du réseau des réseaux (ARPANet --> Internet).

Ce billet est la suite de celui-là.