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mardi 27 mars 2012

Cybersécurité USA : la NSA en fer de lance

En un seul trimestre, la NSA vient d'inaugurer deux nouveaux centres d'opérations dédiés au cyberespace et à la cybersécurité. Début janvier, c'est sur Oahu, la 3ème île (par la taille mais aussi la plus peuplée) de l'archipel d’Hawaï qu'a été inauguré par le NSA/CSS (National Security Agency/Central Security Service) le nouveau centre d'opérations régional "Capitaine Joseph J. Rochefort".

Pour un montant total de 358 millions de dollars, il s'agit plus cependant de travaux de rénovation et d'agrandissement car l'Agence disposait déjà de ce site depuis la fin des années 90 et les premiers bâtiments militaires dataient de la seconde guerre mondiale. Ce centre est principalement et officiellement dédié à des activités de cryptologie. 

L'information reste suffisamment floue pour ne pas penser que les activités de ce centre ne se cantonnent probablement pas qu'à des recherches mathématiques ou des concours de cassage de chiffrement. On peut parfaitement imaginer qu'il dispose de moyens et de ressources en ligne avec la stratégie américaine dans le cyberespace: développement de moyens de lutte offensifs, surveillance discrète mais active de la zone Asie-Pacifique en accord, là aussi, avec une stratégie et des accords discrets dans le cadre de l'ANZUS comme l'Australie via le DSD Australien (homologue de la NSA).

En début de ce mois (5 mars 2012), ce fut au tour du centre d'opérations régional "John Whitelaw" près d'Augusta, en Géorgie (sud-est des USA), d'être inauguré, toujours par le Général Alexander, directeur de la NSA et de l'U.S. Cybercommand. 286 millions de dollars ont été investis pour, là aussi, rénover et agrandir un centre plus modeste mais existant depuis le milieu des années 90. Également doté de spécialistes en cryptologie, ce centre aura vocation à mener des "opérations sur les signaux à fins de renseignement" (SIGINT), à former la communauté des cryptologues et à rendre "disponible les communications globales". On peut donc souligner que si la NSA communique parfaitement sur sa montée en puissance, elle ne dévoile cependant aucun détail sur ses activités, les outils ou les missions qu'elle met en œuvre dans et par rapport aux opérations de renseignement d'origine électroniques et électromagnétiques.

Par ailleurs, deux autres centres, au Texas et à Denver, dans le Colorado, sont aussi en cours de "mise à jour" et seront eux aussi inaugurés cette année. Restera alors à terminer puis à inaugurer LE futur centre américain de cybersécurité, opéré par la NSA et  qui se construit dans le désert de l'Utah, près de Salt Lake City. Ce devrait être fait au dernier trimestre 2013. J'ai également évoqué ce méga-centre dans l'analyse précitée pour l'Alliance Géostratégique. J'y reviendrai un peu plus tard car nombreux peuvent y être accolés les superlatifs (coût, surface, capacités de protections physiques et autonomie, mission(s)). 

Retenons pour le moment que la NSA est lancée dans un puissant mouvement de consolidation et de développement de ses capacités électroniques et qu'elle demeure sans équivalent, autant à l'international que du point de vue intérieur. Si des lignes de fracture historiques entre différents ministères et les agences qui leur sont rattachées (DoD + NSA / DoJ + DHS - récente - voire CIA) existent depuis de nombreuses années, le domaine cyber ne semble pas fait pour apaiser les contentieux ni les luttes d'influence et de "zones exclusives". Et ce, quels que soient le président et l'administration au pouvoir.

mardi 25 octobre 2011

Le "Copiale Cipher" déchiffré !

En février 2010, j'avais publié un court billet à propos d'un article de Slate qui recensait une dizaine de codes célèbres, inviolés jusqu'à ce jour. Il faut croire que celui-ci en avait oublié quelques uns et que demeurent toujours des chercheurs et des passionnés qui consacrent une part importante de leur vie à la résolution de ces énigmes.

L'une de ces équipes vient de publier l'intégralité du Copiale Cipher qui est resté inviolé durant presque 350 années. Il faut dire que le système employé reposait sur un ensemble de 90 caractères (tout l'alphabet latin et grec ainsi que des diacritiques et des symboles abstraits) utilisés pour chiffrer de l'allemand !

Cet ouvrage de 105 pages et de 75 000 caractères, à la magnifique couverture ouvragée à l'or, renfermait les secrets d'une des nombreuses sociétés secrètes du 18ème siècle. Pour l'anecdote, celle-ci était fascinée par la chirurgie de l'œil et l'ophtalmologie. De quoi, probablement, redonner un peu de baume au cœur à celles et ceux qui tentent toujours de déchiffrer le Graal suprême en la matière : le manuscrit de Voynich. 

Autre source : l'article du New York Times (en anglais)

lundi 7 février 2011

Cryptologie : dix codes inviolés

Un très bon article, sympathique et ludique au demeurant, paru sur Slate et qui recense une dizaine de méthodes de chiffrement, anciennes pour certaines. Malgré les progrès colossaux en ce qui concerne la cryptanalyse et les puissances de calcul informatique associées, ces "codes" demeurent inviolés.

Une quasi exception cependant peut-être faite en ce qui concerne Chaocipher puisque Moshe Rubin publia en juillet 2010 un excellent article révélant l'algorithme utilisé. Mais sans le don du fond documentaire de la famille de John Byrne, l'inventeur de Chaocipher, au musée National Cryptologique de Fort Meade (siège de la NSA), nul ne sait quand ce code serait tombé. L'étude de Moshe Rubin se trouve ici, en anglais, pour amateurs seulement ! :)