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samedi 28 mai 2011

Une guerre (ou une bataille) de l'information de retard ?

Saluons le dernier avis d'expert de Christian Harbulot sur 01net.entreprises. Deux raisons à cette opinion : la première, relativement évidente, puisque mon analyse en mars dernier quant au rôle réel et non fantasmé de l'ANSSI, à ce qu'elle parait être en train de devenir mais surtout ce qu'elle n'est pas (encore ?), n'est pas passée inaperçue et devait sûrement comporter quelques idées pertinentes.

La seconde, plus évidente encore, puisque l'analyse de C. Harbulot ne fait que renforcer l'urgence qu'il y a/aurait impérativement à traiter les problématiques de "Cyberwarfare" ou d'actions offensives dans le Cyberespace.

En particulier dans  cette dichotomie qu'il y a à laisser traiter les problèmes par des entités à vocation uniquement techniques dans l'espoir que des problématiques qui ,pour le coup,  possèdent une finalité technique seront dès lors réglées. Ce scénario ne tient pas  face à la réalité, sauf  à ne considérer que des attaques de type "Bercy", ponctuelles et en apparence complexes donc "rares".

Là où C. Harbulot, moi et tant d'autres voulons humblement mais fermement venir est qu'il est vain mais surtout dangereux de se recouvrir les yeux de la main en considérant que, de fait, les menaces n'existent plus !

C'est oublier dans quelle perspective "Clausewitzienne" se positionne la composante informationnelle, défensive et offensive : un levier supplémentaire dans la lutte inamicale que se livrent l'ensemble des acteurs majeurs et étatiques de la mondialisation. Et que sur le "Vieux Continent " une volonté politique, que dis-je, une certaine vision prospective devrait sans coup férir reprendre la main et éviter tout suivisme. Sauf à vouloir, évidemment, confier les clés de la "boutique" à d'autres nations bien plus promptes à conserver mais surtout à accroître leurs parts de marché, quel que soit celui-ci !

Il n'est pas encore trop tard même si, les mouvements actuels sur l'appréhension politique des problématiques de cybersécurité et leur traduction par des actions techniques,  organisationnelles et législatives, semblent être bien plus sérieusement traitées sur notre flanc occidental (USA) ou oriental (Chine, Inde, Israël voire Iran).

lundi 6 décembre 2010

Si tu veux la paix...ou les cyber illusions !

L’année 2010 touche à sa fin et sans vouloir concourir dans la catégorie des sacro-saints bilans de fin d’année, il y a une chose qui me semble sûre : cette année aura été l’année Stuxnet. La conséquence première veut qu’il y ait donc un  « avant » et qu’il y aura un « après ».

Au-delà du buzz mais aussi des excellentes analyses publiées de ci de là, on peut aussi penser que 2010 aura marqué l’électro- techno-sphère (hommage presque direct à Charles Bwele, tout auréolé de son récent prix) par l’apparition « grand public » du préfixe « cyber » auquel est accolée une cohorte de termes les plus effrayants les uns que les autres : insécurité, criminalité, attaque(s) et surtout guerre.

La cyberguerre ou l’émergence fascinante de concepts qui ne déplairaient pas aux colossaux auteurs prospectifs que sont Philip K. Dick, Asimov ou Franck Herbert. Pour ce dernier, j’ose même parfois penser que ces auteurs ont fait preuve de prescience ! Hormis le conflit Iran-Irak qui fut le dernier conflit conventionnel, long  et massif entre deux États, la guerre a changé de visage ces deux (ou trois) dernières décennies, dominée par des conflits dits asymétriques (la dernière guerre d’Irak et l’Afghanistan actuellement en sont un « bon » exemple) mais surtout de basse intensité.

Souhait tout personnel et ô combien utopique, j’ai beau m’intéresser à la chose militaire, à ses personnels et à ses matériels depuis ma tendre enfance, je souhaite davantage une humanité apaisée, bien plus adulte et qui saurait prendre son destin en main afin de partager les richesses équitablement afin de construire la grande œuvre qui fait cruellement défaut : tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des générations futures (et lointaines) en se dotant des moyens suffisants pour quitter notre berceau et pouvoir aller vivre ailleurs que sur la Terre.

Cependant et malheureusement, il est à craindre que les 20 prochaines années soient traversées de conflits qui eux ne seront pas de basses intensités. Brutaux et brefs, ils pourraient avoir pour cause des visées stratégiques d’accès ou de protection des ressources essentielles (énergies fossiles, métaux rares, eau, terres arables) et verraient l’emploi et la montée en puissance de vecteurs dématérialisés (cyber, virtuel, informationnels donc plus prosaïquement…informatiques) ayant des conséquences qui elles seront bien concrètes et physiques (systèmes de commandes pour les SCADA et les DCS, neutralisation des réseaux informatiques et de communication, désinformation massive et attaques distribuées mais entièrement décentralisées).

Ce monde fait peur et semble décrire ce que Tom Clancy illustre depuis des années à travers sa série Net Force ? Tout cela ne serait donc que de la littérature à bon compte afin que les paons-bloggeurs dont je fais partie (dans ce cas) et les journalistes spécialisés fassent la plus belle roue ? Non, cher lecteur, il est temps de se réveiller, il est temps de te réveiller : tout cela est pour demain, dans quelques heures. 

L’Apocalypse appartient encore à la Bible mais la révélation,elle, a déjà commencé !

Que ne reprochera-t-on aux états-majors (et à leurs chefs militaires et…politiques, surtout ces derniers d’ailleurs) d’avoir été imprévoyants, incompétents et de s’être crus à l’abri derrière on ne sait quelle ligne Maginot imaginaire ?! Ce ne sont pas quelques exercices cybernétiques ou de cyber stress (!) entre alliés qui vont changer la donne même si ceux-ci ont surtout vocation à rassurer la population. Qui sera encore surpris lorsque l’on apprendra l’écroulement d’un état, celui-ci fut-il « modeste » et en voie de développement (ou de déclassement !), tandis que son infanterie, ses blindés, ses hélicoptères ou ses chasseurs n’auront pas quitté leurs casernes et leurs hangars par faute d’une paralysie complète des systèmes d’information voire la neutralisation à distance de certains ou de la plupart des systèmes d’arme ? Que deviendra une nation disposant de jouets coûteux et de haute technologie si ceux-ci deviennent réellement aussi utiles que des…jouets ?

Si tu veux la paix…

mercredi 6 octobre 2010

L'unité 8200 ou l'excellence dans les nouveaux conflits


Unité 8200, Mount Avital, Golan
Check Point, ICQ, Nice, AudioCodes  ou Gilat, autant d’entreprises israéliennes du secteur high-tech, plus ou moins connues du grand public. Ces entreprises possèdent pourtant le point commun que la plupart de ses dirigeants et de ses salariés sont tous passés à un moment donné de leur vie…militaire par l’unité 8200.
Cette unité, discrète par essence, est chargée de la collecte du renseignement d’origine électronique et électromagnétique mais possède également une unité spécialisée dans la cryptographie (chiffrement / déchiffrement). Sans oublier évidemment qu’elle possède des experts de haut-niveau dans l’exploitation des vulnérabilités, autrement appelés « hackers » dont certains l’ont réellement été avant d’être détectés par la Défense israélienne. C’est en quelque sorte l’équivalent de la NSA américaine, exception faite que cette unité est entièrement intégrée au ministère de la Défense.
De là à penser que cette unité pourrait être derrière le ver Stuxnet largement médiatisé depuis une dizaine de jours, il n’y a qu’un pas que le Figaro a franchi aujourd’hui. Ce pas, je ne le franchirai cependant pas, mais je recommande à mes lecteurs de s’enquérir de l’un des exploits quasi-officiels de cette unité : l’opération Orchard, septembre 2007 en Syrie.
Cette opération a valeur d’exemple quant à l’expertise détenue par l’unité 8200 et combien elle s’intègre parfaitement à la doctrine de l’armée israélienne qui est de considérer les capteurs (drones en particulier), les unités militaires et le cyberespace comme un ensemble d’éléments interconnectés participant en cohérence à des opérations militaires. Les guerres du 21ème siècle ont à peine commencé que Israël semble être le seul pays au monde (avec les États-Unis évidemment, la Chine a un niveau moindre - j'y consacrerai d'ailleurs un article prochainement) à s’être doté des forces et des moyens nécessaires pour y survivre voire les gagner.

lundi 4 octobre 2010

Thème du mois : les stratégies dans le cyberespace

Les hasards du calendrier sont parfois étonnants. Aux Etats-Unis, le président Obama a décidé que le mois d'octobre serait consacré à la sensibilisation à la cybersécurité. En France, où la blogosphère géostratégique est active, multiple et dynamique, Alliance GéoStratégique (AGS) consacre également ce mois-ci au même thème afin de "parcourir le cyberespace, sous l’angle de la stratégie, de la géopolitique, de la cybercriminalité, de la cyberguerre et bien d’autres."

Je vous encourage à aller y faire un tour, même si je ne suis pas intégré à l'Alliance car nombreux sont les articles de qualité et les auteurs pertinents.
J'apporte néanmoins ma modeste contribution en vous invitant à lire l'article intitulé "La sécurité immergée dans la complexité systémique" que j'avais rédigé en avril 2010. En somme, il s'agit bien d'unir l'ensemble des forces et des acteurs (aux moyens si différents) pour sensibiliser les citoyens aux risques et aux enjeux de l'information sous forme numérique. Bonnes lectures !