Sid a écrit au début du mois de décembre un article à propos de la pénurie de compétences de pentesters en particulier et, plus généralement, de "bons" praticiens en sécurité. Réellement pertinent et de niveau prospectif, cet article a fait réagir de nombreuses personnes dans un débat de bon niveau avec beaucoup de points justes soulevés.
De manière plus générale, j'avais également relevé début novembre un bon article sur la fin d'un mythe à propos du niveau informatique des digital natives. L'article en question met en lumière une disparité au sein de la génération Y : tous n'ont pas un niveau informatique de geek, et si un tiers est familier et maîtrise l'usage culturel et dispose des connaissances suffisantes pour inventer ou faire évoluer ces outils, la majorité ne sait simplement que se servir des outils courants comme les réseaux sociaux mais sans forcément en appréhender les rouages, la complexité, les enjeux ou plus prosaïquement les principes de fonctionnement techniques et les technologies employées.
On pourra cependant rétorquer qu'il n'est pas utile de savoir démonter un moteur thermique pour conduire un véhicule, ce qui sera vrai. En revanche, la compétition économique et l'adaptation / inadaptation de notre société aux évolutions inédites et ultra-rapides d'un monde en pleine mutation ne doivent pas échapper aux décideurs et c'est en cela que ces deux articles sont éclairants : l'informatique (usage, production, innovation), qui a bouleversé les échanges économiques, les usages culturels et a modifié la géographie des territoires ces 30 dernières années, continue de redistribuer les cartes et les centres de pouvoir en profondeur ! Donc les acteurs d'aujourd'hui mais surtout de demain.
Mal préparer la génération qui commencera à prendre le relais dans les 10 ou 15 prochaines années nous coûtera encore des points de PIB, des destructions d'emploi et in fine, la prophétie auto-réalisatrice d'un déclassement de la France (et des autres partenaires majeurs européens) se produira. Mieux vaut tard que jamais reste néanmoins encore d'actualité (pour combien de temps encore ?) et la formation continue (aux outils informatiques) et l'acquisition de nouvelles compétences pour accompagner l'innovation permettront, si l'on demeure un minimum optimiste, d'amortir le choc sociétal et les évolutions induites que la crise en cours ne fait qu'accélérer.